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Identités lesbiennes, en finir avec les idées reçues collection “Idées reçues grand format”, éditions du Cavalier bleu, 3e édition

 

« Ce sont des garçons manqués », « Elles sont lesbiennes parce qu’elles n’ont pas trouvé le bon », « Entre femmes, ce n’est pas vraiment du sexe »… L’homosexualité féminine, dont on parle si peu, suscite nombre de clichés qui stigmatisent le mode de vie des femmes qui aiment les femmes. L’auteure analyse toutes ces idées reçues, l’une après l’autre, et démêle la réalité des fantasmes, en s’appuyant tant sur la sociologie que l’histoire ou la littérature. Un ouvrage qui permet de faire le point sur ce qu’on sait aujourd’hui des lesbiennes et comprendre ce qu’elles vivent et qui elles sont.

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février 2015 – 14 x 20,5 cm – broché – 184 p. – ISBN : 978-2-84670-641-4

Au sommaire

  • Introduction
  • Portrait des lesbiennes
    – « On les reconnaît facilement. »
    – « Entre femmes, ce n’est pas vraiment du sexe. »
    – « Les lesbiennes font fantasmer les hommes. »
    – « Les lesbiennes revendiquent leur homosexualité. »
  • Origines de l’homosexualité
    – « C’est de naissance. »
    – « Ce sont des garçons manqués. »
    – « Elles devraient se faire soigner. »
    – « C’est un choix féministe. »
    – « Elles n’ont pas trouvé le bon. »
    – « Elles ont été agressées sexuellement. »
    – « C’est la faute des parents.
  • Lesbiennes et société
    – « Il y a plus de gays que de lesbiennes. »
    – « L’homosexualité féminine est mieux acceptée que l’homosexualité masculine. »
    – « Les lesbiennes préfèrent rester entre elles. »
    – « Les lesbiennes devraient renoncer à être mères. »
    – « On est pas heureuse quand on est lesbienne. »
  • Conclusion
  • Annexe
    Pour aller plus loin

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Critiques

Par le collectif OG

Que l’on soit out ou toujours dans le placard (pour diverses raisons qui nous appartiennent et que personne n’a à juger), assumées depuis des années ou en pleine découverte, on a toutes entendu beaucoup de clichés et de préjugés sur les lesbiennes. Que ce soit dans les conversations de famille ou à la machine à café du boulot, dans les blagues de pseudo-humoristes à la TV ou dans des injures balancées dans la rue (vous connaissez le siteLesbeton ?), ce sont toujours les mêmes idées qui tournent en boucle, mettant en lumière la parfaite ignorance d’une majorité qui imagine les femmes aimant les femmes au travers d’un prisme ultra-déformant et pas du tout original. Car comme toute minorité, les homosexuelles ne peuvent avoir qu’un visage, aucune individualité, groupe homogène sans personnalités propres qui doit répondre à des clichés pour rassurer la norme. Ces clichés, Stéphanie Arc les décortique dans son livre Identités lesbiennes – En finir avec les idées reçues. Elle a pris les 16 les plus courantes, qu’on a sans doute toutes entendues, et peut-être même pensées nous-mêmes à une époque de notre vie. Car soyons honnêtes, pour beaucoup d’homosexuels, le premier homophobe rencontré, c’est lui-même, la tête remplie d’images peu glorieuses, de parodies honteuses, bref de tout ce que la société possède pour pousser ses ouailles à suivre « le droit chemin » de l’hétérosexualité triomphante.

Ainsi, sur 180 pages, cette journaliste spécialiste de la lutte contre l’homophobie explique, analyse, remet dans son contexte historique d’origine toutes ces idées qui continuent de poursuivre les inverties, garçonnes, saphistes, amazones et autres gomorrhéennes. On y retrouve les classiques « on les reconnaît facilement » lié au cliché de la camionneuse, « elles n’ont pas trouvé le bon » ou « entre femmes, ce n’est pas vraiment du sexe » dans l’idée que sans pénis, point d’orgasme, sans homme, point d’amour, ou encore « elles font fantasmer les hommes » mais pas trop quand même parce que bon, si monsieur ne peut pas intervenir, quel intérêt ! Il y a aussi les « elles devraient se faire soigner », 25 ans après la sortie de l’homosexualité de la liste des maladies de l’OMS, ou « elles ne devraient pas être mères » avec toutes les références habituelles contre l’homoparentalité, et de toute façon « c’est la faute des parents », nous renvoyant à cette phrase si souvent entendue lors d’un coming-out « Mais qu’est-ce qu’on a raté ? » de la part de nos géniteurs déboussolés.
Ainsi Stéphanie Arc reprend chacun des clichés pour le déconstruire, permettant ainsi à la lectrice concernée de peut-être approfondir son propre questionnement et casser ce qui pourrait encore traîner dans sa tête et l’empêcher de vivre pleinement, et aux autres lecteurs de voir que cette communauté dont ils savent si peu de choses n’est pas si mystérieuse ou bizarre et qu’elle ne mérite assurément pas toute l’animosité, la méfiance voire la haine qu’elle se prend régulièrement dans la tête.
La lecture est facile, claire, on peut lire chaque cliché séparément ou tout d’une traite. Cela permet également de se donner des arguments solides et efficaces en cas d’urgence dans un repas de famille qui s’anime ou face à des amis potentiellement maladroits, pas forcément malintentionnés mais rapidement agaçants avec leurs phrases toutes faites… Et vous, les clichés, vous y avez déjà eu droit ?

Article : Morgan

(à lire ici)

Par le site Hétéroclite

Stéphanie Arc est diplômée de philosophie morale et politique, journaliste et a été vice-présidente de l’association SOS Homophobie de 2008 à 2009. Pour lever l’épais voile d’idées reçues qui recouvre les lesbiennes, leurs identités, leurs sexualités ou encore leurs styles de vie, elle s’est plongée dans pléthores d’études et de livres, certains datant de presque un siècle. S’aidant notamment de statistiques, elle s’emploie avec méthode à déconstruire les préjugés sur les lesbiennes, qui sont nombreux : petites, elles étaient des garçons manqués ; on les reconnaît facilement ; elles aiment rester entre elles… D’un revers de plume, l’auteur balaye chacun de ces poncifs de façon assez jouissive. Deux chapitres de son livre (initialement paru en 2006 et dont la troisième édition révisée vient de paraître) retiennent plus spécialement l’attention, car ils replacent l’homosexualité féminine dans un contexte historique et politique. Ce sont ceux qui traitent de l’assimilation (parfois un peu trop rapide) du lesbianisme au féminisme et de la prétendue plus grande acceptation dont bénéficieraient les lesbiennes par rapport aux gays. Le premier revient sur l’histoire tourmentée des rapports entre les mouvements féministes et lesbiens ; le second rappelle que la soi-disant plus grande acceptation est avant tout une plus grande invisibilisation. Qu’en est-il aujourd’hui ? Les statistiques révélées par les associations prouvent que le regard porté sur les lesbiennes a évolué de façon positive, mais elles soulignent aussi des constantes dans l’ignorance et le refus de comprendre. Les lesbiennes sont encore victimes de discriminations, à la fois en tant qu’homosexuelles et en tant que femmes. Les agressions verbales et physiques dans la rue, les inégalités salariales et la précarité les affectent à ce double titre. On peut voir là les raisons d’un possible repli sur soi et d’une invisibilité encore persistante aujourd’hui. Les médias et leur rôle prépondérant dans la visibilité de l’homosexualité féminine sont abordés à la fin du livre : au final, n’est-ce pas aux lesbiennes elles-mêmes de créer leurs occasions et de prendre leur destin en main ? C’est précisément ce que fait Stéphanie Arc avec cet ouvrage.

(à lire ici)

Interviews

Le Monde  (le 27/06/15) : Gay Pride : les lesbiennes en quête de visibilité

Univers-L (le 25 mars 2015) : En finir avec la lesbophobie